Durant de longs siècles, les moulins à vent et les moulins à eau ont rythmé la vie. Sur la montagne du Haut-Languedoc, sur les monts de Lacaune, près du lac du laouzas, les moulins à eau sont devenus vestiges. Près du village de Nages, le moulin à eau de Narulle est restauré. On y moud le grain pour ne pas perdre la mémoire.
Faites aussi connaissance avec Louis Bessière, restaurateur bénévole du moulin à eau de Narulle. Un Lacaunais pur jus, artiste passionné de mécanique.
le moulin du gué
En inventant l'agriculture, l'homme néolithique a écrasé le grain pour confectionner des bouillies puis, ensuite, faire son pain. Après les molettes pour piler les grains et les meules antiques, le moulin à eau est apparu dès le Haut Moyen-Âge. Le moulin à vent tourne depuis le XIII° Siècle. Les traces de
l'origine du moulin à eau de Narulle remontent, elles, fort loin. À une période imprécise.
Il est certain que son lieu d'installation est propice : amenée des eaux de la rivière la Caunaise, du ruisseau de Fournial et de la source de la Barraque. L'endroit porte un nom cependant impropre, Narulle étant une mauvaise transcription française de La Rullo, terme occitan désignant un gué de rivière important (celui-ci existe toujours en amont du pont, entre La Trivalle et Nages).
Le moulin de Narulle a été loué à des exploitants par ses propriétaires, les Rascol puis les Gaujal. On y a travaillé à façon, les agriculteurs apportant le grain et repartant avec la farine. Le dernier résident a exploité la ferme, utilisant le moulin uniquement pour moudre les céréales à donner au bétail.
Après son départ, en 1971, le moulin s'est dégradé. Louis Bessière (nos photos) a rénové le moulin de Narulle en 1999. Il fonctionne comme autrefois. C'est l'un des rares moulins actifs sur la montagne du Haut-Languedoc.
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fonctionnement universel
L'appareillage principal du moulin de Narulles peut être comparé à celui représenté par le dessin ci-contre.
Les moulins font l'objet d'attentions multiples. Leur recensement en vue de leur sauvegarde est une motivation centrale.
Le descriptif ci-contre est emprunté à l'association des "Amis du moulin de Saint-André" de la vallée de la Maurienne, en Savoie.
visites du moulin à eau de Narulle
Le moulin de Narulle est ouvert uniquement pour des visites guidées, la "journée du blé au pain" (août) et la fête du chou (septembre). Renseignements au 05 63 37 12 29.
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sur les
moulins à eau
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Les Journées des Moulins et du Patrimoine Meulier d’Europe
La Fédération des Moulins de France a participé à l'organisation des Journées des Moulins et du Patrimoine Meulier d’Europe qui se sont déroulées le troisième week-end du mois de mai 2009, donnant à tous l'occasion de :
faire visiter leurs moulins (blé, huile, moutarde, pastel, cidre, canne à sucre, cassave….) et tous les sites qui ont (ou ont eu)
pour moteur un moulin (scierie, martinets, forges, pompes à eau, pompes à élever l’eau, filatures, papeterie, kaolin, coutellerie,
tannerie, musée….)
faire connaître des sites de moulins dans leurs nouvelles fonctions
faire visiter des sites de carrières de meules
présenter des expositions (livres, cartes postales anciennes, timbres, photos, moulins dans la peinture, les vitraux,
les sculptures, les miniatures, les enluminures, les gravures),
proposer des conférences, des collections sur le thème
mettre l'accent sur le patrimoine présenté dans des musées
.....
Exclusivement consacrées aux moulins et au patrimoine qui les constituent, ces journées ont eu pour objectif de mettre en évidence leur universalité et leur importance. Pour la plus grande satisfaction du grand public, chaque organisme y a trouvé sa place en proposant une animation, que l’on soit propriétaire privé ou public, organisme public ou privé, musée, chercheurs, office de tourisme…
Pour renforcer cet évènement et mutualiser les actions de tous dans l'intérêt général, la nuit des Musées, une création du Ministère de la Communication et de la Culture a également été à l'origine de manifestations conviviales à travers des programmations conçues pour l’événement : mises en lumière, performances musicales, théâtrales et littéraires, créations inédites.
Pour la communication, la Fédération des Moulins de France édite chaque année une affiche spécifique pour ces journées, dont le visuel est différent d'une année à l’autre. Cette année, elle édite également une carte postale.
Chaque manifestation a été signalée sur le site internet fédéral : www.fdmf.fr
"cambios dé mouli, cambios pas dé couqui !"
De tous temps, les meuniers d'ici et d'ailleurs ont été suspectés de malhonnêteté. Il se disait qu'ils ne
restituaient pas entièrement toute la farine correspondant au grain apporté...
Un proverbe occitan se fait l'écho de cette fâcheuse réputation : "Cambios dé mouli, cambios pas dé couqui ! " Ce qui, en Français, veut dire : "Tu changes de moulin, tu ne changes pas de coquin !"
à titre de comparaison, une autre restauration en France
installation d'une des deux roues horizontales à rodets
Louis Bessière, l'homme de Narulle
"Les meules du moulin de Narulle n'étaient pas taillées pour faire de la farine mais plutôt du son avec lequel les habitants nourrissaient principalement les animaux. Elles ont été modifiées pendant la dernière guerre pour donner une farine grisâtre, la pulpe du grain se mélangeant au reste.
"Comme dans la plupart des moulins à eau au début du XX° Siècle, il s'y trouvait trois roues, deux meules et un gluttoir. Le seul pain que la plupart des gens mangeaient était alors du pain de seigle. Et ils ne le gaspillaient pas... Seuls les riches et les "patrons" avaient du pain blanc..."
L'homme qui raconte, c'est Louis Bessière. Oeil lumineux et manches retroussées, on le rencontre souvent à Narulle dans l'ombre du moulin ou devant le gué, s'activant ou nourrissant trois chats chargés de traquer les rats gourmands. Sur l'histoire et le fonctionnement du moulin de Narulle, il est intarissable.
son grand'père lui a "soufflé dessus"...
Lacaunais pur souche, Louis Bessière raconte ses origines : "Ma famille n'a pas quitté Lacaune depuis, au moins, le XVII° Siècle ! Les Bessière ont été menuisiers-charpentiers de père en fils. J'ai pris la suite de mon père en 1952 pour quitter le métier en 1989.
"Mon grand'père, Pierre Albert, une figure, m'a soufflé dessus. Il aimait bien me faire connaître les nouvelles machines. C'est de là que j'ai le virus de la machine à vapeur ! Il en avait une qui a tourné jusqu'au 4 décembre 1930, jour de l'incendie de sa menuiserie. Mon père a rebâti l'atelier, y apportant l'électricité.
"Quand j'ai pris ma retraite, je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose comme du temps où j'étais gamin. C'est vers 1991 que
j'ai vu le moulin de Narulle avec le neveu du maire de Nages. Nous avons décidé de le remettre en état. J'ai nettoyé la dérivation dans laquelle l'eau n'arrivait plus. Des camions de vase ! Il a fallu un an de travail, au rythme du retraité... Les employés du sivom du Laouzas et de la mairie de Nages m'ont bien aidé et, croyez-moi, ça a été un vrai plaisir de s'y atteler ! "
le devoir de mémoire pour motivation
Consacrant également une partie de son temps au musée de Lacaune, Louis Bessière se régale d'évoquer sa participation, toujours bénévole, à l'entretien du patrimoine nageole. Comme le moulin de Narulle, la maison de Payrac porte sa marque : "J'ai réalisé l'escalier de l'étage. La rampe est en loupe d'ormeau, dessinée selon les principes de mon grand'père. Son tracé est tout autant un résultat géométrique qu'un tour de main."
Une motivation à tout cela ? Le devoir de mémoire : "J'aime rendre service en montrant aux jeunes les réalisations et la vie d'autrefois. Il faut qu'ils sachent qu'il y a des choses qui ont existé et que le pain, nous ne l'avons pas toujours eu à volonté malgré le travail des moulins. On ne posait jamais le pain directement sur le plateau d'une table. On le plaçait sur une nappe, symbole d'un grand respect pour la nourriture..."