Batailles dans la montagne (extrait)

Soudain, au-dessus de tout, monta un chant suave et profond, fait de belles voix toutes noires et qui retentissaient dans les échos de la forêt et de la montagne. On ne s'en aperçevait pas tout de suite. C'était profondément marié aux grondements du village, puis on entendait une cadence régulière faite comme pour pousser des pas et tout de suite le rythme attachait comme avec une corde et on entendait toute la chanson. Elle ne venait pas d'ici. Elle tombait des hauteurs de la nuit où étaient cachées les pentes surplombantes de la montagne. Elle sonnait dans des échos de rochers et surtout dans cet écho végétal et profondément verdâtre qui se prolonge à travers les forêts...

...C'était une chanson de marche, lourde et chargée. Elle était chantée par des hommes. Elle voyageait sur les sentiers qui descendaient en rond de serpent vers le village. Elle était à droite, puis elle s'avançait vers la gauche en portant son poids qui était un peu trop grand pour sa cadence, semblait-il, mais elle s'avançait toujours, régulière et triomphante, avec ses notes noires, ses profondes voix d'hommes, sombres et amères, mais si obstinées que toute cette noire amertume sonnait comme une trompette de triomphe; elle s'avançait vers la gauche, puis elle retournait vers la droite, descendant les lacets du sentier...

Jean Giono

Pluie

ou le charron de la Grande Ourse

La pluie efface tout

Vos surmuseaux, vos gueules

Les toits et les matous

Les ormes les éteules

La pluie encage tout

Engrange l'âme seule

Abonde pour tertous

D'ennui nous enlinceule

Les oiseaux résignés

Bossus, les andains fauves

Grise pluie d'araignées

Battant trèfles et mauves

Pour moi, ma pipe fume

Au chevet des midis

Au sommeil des enclumes

Des hameaux engourdis

Des ruisseaux souterrains

Des étoiles tombées...

Elle reprend sa course,

Charron ! À la Grande Ourse !

Que ton chef-d'œuvre d'or

Roule au sommet du ciel

Mon bon Justin Mentor

Fort et doux comme miel

Farouche et joli cœur

Poilu comme une mouche

Dont la moustache en fleur

Fleure bon le vin rouge...

Maurice Fombeure

Les étoiles brûlées

Une forêt de charme

collection Poésie / Gallimard

 


 

 

 

 

 

 

 

 

> les ciels de la montagne du Haut Languedoc    page 1        > l'album musical des ciels du Haut Languedoc           > haut de page         > page précédente        > page suivante


    réalisation Terre fertile    © 2006 Terre fertile tous droits réservés            mentions légales     plan du site    situation & météo    partenariats     contact    qui sommes-nous ?    forum

 

> l'album musical des ciels du Haut Languedoc

abonnement

newsletter

une publication

tous les deux mois environ

inscription désinscription

diaporamas

paysagers

et musicaux

(ouvrez le son de votre ordinateur)

> les ciels du Haut Languedoc

> le mouflon du Haut Languedoc

> le lac de Vesoles

> le lac du Laouzas

> les gorges d'Héric et le Vialais

 ce site dans vos favoris    imprimer la page    commenter sur le livre d'or    le blog de Jean-Marie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

toutes photos © Jean-Marie Hulbach

Accueil 
la nature 
les ciels 
les ciels 2 
album des ciels 
l'aigle royal 
les oiseaux 
plan du site 
petites annonces 

 


 

 

...et maintenant, si vous alliez vous promener sur la montagne du Rouayras ?

Au ciel

O ciel, vétéran vêtu de défroques,

Après cinq mille ans tu nous sers encor,

Les nuages sont les trous de tes loques

Le grand soleil est ta médaille d'or !

Contemplant toujours les mondes baroques,

N'es-tu pas lassé du banal décor ?

O ciel, vétéran vêtu de défroques !

Après cinq mille ans tu nous sers encor,

Parfois là-haut tu dois rire de nous,

Qui gesticulons, poussons des cris rauques

Qui prions et nous traînons à genoux

Pour avoir la gloire ou d'autres breloques ?

O ciel, vétéran vêtu de défroques !

Guillaume Apollinaire

Le Guetteur mélancolique

collection Poésie / Gallimard

On ne devrait s'étonner que de pouvoir encore s'étonner...

La Rochefoucauld