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mémoire moribonde d'une montagne
Quand on ouvre un livre de botanique à la page "Châtaignier", on lit que son fruit, la châtaigne, est cultivé depuis des millénaires en raison de sa grande richesse alimentaire (lire ci-dessous). En montagne du Haut Languedoc, châtaigniers et châtaignes ont été une véritable institution. Davantage et plus simplement : la vie.
Le montagnard d'hier a confié son existence à la châtaigne. Il faut parcourir la montagne de l'Hérault pour s'en rendre compte. Tous les flancs Sud ont été bouleversés par l'outil pour être transformés en terrasses de cultures. Alors que, maintenant, le commun des individus traverse ces terrasses en râlant parce qu'il lui faut souvent lever les jambes sur des chemins cadalés qui grimpent jusqu'au ciel, il ne se rend peut-être pas compte qu'il met ses pas dans ceux des paysans d'autrefois (lire Jean-Claude Carrière) pour lesquels ces parcours étaient des axes de vie puisqu'ils conduisaient aux châtaigneraies.
La montagne du Haut Languedoc a une longue histoire avec la châtaigne. Et de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui regrettent l'état d'abandon des terrasses de la castanéiculture. En Écosse, les pouvoirs publics subventionnent les réfections de murets dans le contexte du développement touristique. Ici, tout le monde se fiche de la détérioration constante d'un patrimoine extraordinaire. Trop de souvenirs douloureux, qui y sont attachés, sont sans doute encore présents dans les esprits.
Le site d'origine du châtaignier semble être le bassin méditerranéen, les pays du Proche-Orient jusqu'en Iran. Cette essence ligneuse aime les pays chauds, elle craint les fortes gelées. Le châtaignier est un arbre majestueux à cime large, haut d'une trentaine de mètres, avec un tronc fort pouvant atteindre 10 mètres de circonférence.
En France, dans les Cévennes orientales et méridionales, le châtaignier apparaît autour de l'An 1000. Sa culture, la castanéiculture, s'est principalement développée au XVIème Siècle. Il a tapissé tous les flancs de la montagne du Haut Languedoc, entre 300 et 800 mètres d'altitude, évitant les famines à l'homme qui lui doit énormément. Depuis les environs de 1870, il souffre d'une maladie spectaculaire, l'encre, qui le ronge comme un cancer. L'homme d'aujourd'hui le délaisse sans scrupule, livrant les cultures ancestrales à l'abandon...
l'empreinte étymologique de la châtaigne
Près d'un millénaire de castanéiculture en montagne de l'Hérault, en Haut Languedoc, a non seulement nourri les hommes mais imposé une autre culture, celle des appellations de lieux.
Castanet-le-Haut et Castanet-le-Bas, les Castagnès, Coustorgues sont les plus évidents noms de villages redevables au châtaignier. Le Sécadou doit sa dénomination à l'une de ces petites bâtisses dont les ruines émaillent les terrasses des anciennes cultures.
ndlr si vous connaissez d'autres appellations dérivées des noms de la châtaigne ou du châtaignier, merci de bien vouloir nous les signaler. Nous sommes également à la recherche de textes régionaux évoquant la culture du châtaignier et la récolte de la châtaigne. En cas d'accord de leur(s) auteur(s), nous serons heureux de les publier.
des liens utiles
Sur le châtaignier (fiche technique, maladies, reproduction, etc...)
La même démarche sur un site différent www.pommiers.com
Histoire de la châtaigne en Cévennes www.causses-cevennes.com
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... qui apparaît, mâture, courant octobre
spectaculaire dès le mois de mai, la fleur du châtaignier...
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la châtaigne, véritable aubaine pour la santé
Deux fois plus calorique que la pomme de terre ou la banane, la châtaigne fait partie des fruits très énergétiques (180 kcal/100 g). Pour autant, il ne faut surtout pas la bannir de son alimentation, même si l'on surveille sa ligne : grâce à sa consistance et à sa grande richesse en fibres, elle est très rassasiante et permet ainsi de faire le plein d'énergie de longue durée. De plus, pas besoin d'ajouter de matières grasses néfastes pour la préparer puisque, dans la majorité des cas, on la mange grillée ou cuite à l'eau.
Quand on sait que les 2/3 des lipides que la châtaigne renferme sont des acides gras insaturés (qui chassent le mauvais cholestérol), il n'y a plus aucune raison de la bouder.
Sportifs ou abonnés au coup de pompe de l'hiver trouvent en elle leur panacée. Cette source généreuse de glucides lents renferme également une belle quantité de vitamines B, essentielles à la bonne assimilation de l'énergie.
Pour ne rien gâcher, la châtaigne bat des records de teneur en potassium (600 mg/100 g) et en fer (1,3 mg/100 g), nutriments indispensables, entre autres, au bon fonctionnement musculaire. Enfin, la châtaigne est un véritable réservoir de magnésium. Une portion de 100 g permet de couvrir 15 % des apports quotidiens recommandés. De quoi faire le plein de ce minéral qui manque cruellement à notre
alimentation, surtout en période de stress ou de baisses de tonus si courantes en automne et en hiver.
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Valeurs
nutritionnelles |
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Protides |
2,6 g |
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Glucides |
38 g |
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Lipides |
2 g |
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Calories |
180 kcal |
le sécadou ou la déshydratation d'hier
Le sécadou est le séchoir à châtaignes, édifice à deux niveaux souvent bâti sur les lieux de récoltes. Installé sur un niveau de terrasse, il est appuyé contre celui de la terrasse supérieure d'où, par une porte arrière, le castanéiculteur accédait au plafond intérieur, fait de liteaux à claire-voie, sur lequel il entassait les châtaignes sur une épaisseur de trente à quarante centimètres. Au rez-de-chaussée, en dessous, sur un foyer ouvert, le récolteur entretenait pendant quinze à vingt jours, en permanence, un feu de souches sans flammes qu'il fallait très fumeux. Cette fumée dense séchait lentement les fruits au passage, avant de s'échapper par tous les interstices du toit et du bâti. C'était la technique de déshydratation de l'époque qui permettait de conserver la châtaigne et de lui éviter de prendre le ver.
Il était plus aisé (toutes proportions gardées...)de descendre les châtaignes une fois séchées et allégées jusqu'aux villages. Un transport souvent effectué à dos d'homme par des chemins qui ressemblaient davantage à des escaliers et dont on peut encore mesurer aujourd'hui la pénibilité. Au-dessus de Saint Martin-de-l'Arçon, par exemple...
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